Point sur les marchés – Mai 2020

16 juin 2020

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V,U ou L ?  le marché semble jouer le V avec un rebond qui s’est poursuivi en mai, malgré un trou d’air à la moitié du mois, déjouant le fameux « sell in may » et surtout les nouvelles macroéconomiques évidemment très mauvaises ainsi que le retour du conflit sino-américain. Les marchés ne veulent plus regarder que les bonnes nouvelles et il y en a : baisse de la pandémie, déconfinement réussi, absence de nouvelles vagues, nouveaux vaccins, nouveaux médicaments et ils savent qu’ils peuvent compter sur les Banques Centrales pour injecter les liquidités nécessaires. Autre bonne nouvelle, côté européen, avec l’annonce par A. Merkel et E. Macron d’un plan de relance de 500 Mds d’euros financé par l’Europe pour aider les pays victimes du Covid 19. Le projet validé par la Commission Européenne devra être voté par les 27.  Il n’en reste pas moins que les niveaux actuels des marchés négligent la récession de 2020 et la baisse des bénéfices par actions de l’ordre de 40 % en Europe. Peut être la chute brutale de 40% en mars a suffi pour l’acter mais avec un repli limité à 15 % YTD sur l’ES 50 et 5% sur le S&P 500, le marché paraît être très en avance et très cher. TINA, FOMO, Hyperliquidités : tout peut s’expliquer.

Dans ce contexte euphorique (et toujours surréaliste compte tenu du désastre économique), le Nasdaq gagne 7%, le SP 500 prend 6%. Les indices européens sont une nouvelle fois en retard avec un gain de 4% de l’ES 50 et de 3% du CAC (mais de 6% du Dax), le Japon gagne 8%. Côté taux, gros rebond du High Yield et statu quo à des niveaux très bas : 0.65% sur le 10 ans US et -0.45% sur le Bund, l’Italie respire un peu à 1.50% grâce aux achats massifs de la BCE.

Le dollar baisse contre euro de 1.3%, le pétrole après avoir frôlé la catastrophe rebondit très fortement (38% sur le Brent) et l’or gagne 2%.

Le rebond paraît puissant et rien ne semble arrêter la remontada. Il est vrai que nous sommes dans la partie bonnes nouvelles et même les mauvaises (émeutes, macro,…) n’ont pas de prise. Graphiquement, toutes les résistances sont franchies. Mais y a-t-il eu un virus ?

Il a disparu aussi vite qu’il est apparu. Tout cela paraît inédit. Finalement ce trou d’air de 2 mois sera peut être très vite oublié et le back to business as usual prévaudra.

On peut donc imaginer le retour sur les plus hauts du début de l’année comme c’est déjà le cas sur le Nasdaq. Difficile à imaginer mais tout est tellement surréaliste. De plus les liquidités astronomiques déverséesfiniront comme d’habitude dans l’imobilier et à Wall street.